© 2013 Héloïse et Johan Schueremans
Les problèmes d'algues


Préambule



Avant de paniquer lors de l’apparition d’algues dans un aquarium, il est bon de noter que tout bac bien équilibré possède ses algues, et que leur présence ne devient gênante que lors d’une forte croissance ou bien lors de la présence d’une variété d’algue liée à un dérèglement des paramètres idéaux de l’aquarium.

Introduction :


Les algues sont les organismes les plus simples dans la systémique des plantes. L’autotrophie est assurée par la présence de pigments chlorophylliens. Les algues sont généralement aquatiques, soit unicellulaires ou coloniales, sous forme de filaments, ou de formations foliacées.
Elles assurent leur reproduction par 
scissiparité, par la dispersion de zoospores, conjugaison (elles se reproduisent, de façon sexuée, en échangeant de l'ADN entre deux cellules.) ou fécondation.
Le principal problème causé par la présence d’algues, en dehors de l’aspect esthétique, est surtout lié à la consommation en éléments nutritifs nécessaires aux plantes. Les algues étant plus promptes que les plantes à consommer les éléments nutritifs, ces dernières se retrouvent rapidement en situation de « disette » et finissent par dépérir. De plus, les algues font aussi baisser rapidement la concentration en dioxyde de carbone dissous.


Les groupes d’algues


Les algues bleues : Cyanophyceae
Leur nom leur vient de la présence d’un pigment. Elles possèdent en effet du phycochrome, qui leur donne leurs colorations, allant des teintes noires au brun, en passant par des teintes bleues vertes. Elles sont souvent visqueuses car souvent recouvertes, à la périphérie de leur membrane, d’une sécrétion mucilagineuse.

Les Diatomées : Bacillariophycea
Végétaux unicellulaires de couleur brune, elles sont dotées d’une enveloppe siliceuse, qui leur confère un contact plutôt rugueux au toucher.

Les algues vertes : Chlorophyta 
Constituées d’organismes unicellulaires, ou d’alignements de cellules, simples ou fasciculés. Elles poussent soit librement dans l’eau, ou fixées sur un support, ou encore, en dehors du milieu aquatique.

Les algues rouges : Rhodophyta 
Algues que l’on trouve plutôt dans les milieux marins, mais certaines espèces se sont adaptées à la vie en eau douce. Elles s’ancrent sur leur substrat à l’aide des crampons et des ventouses dont elles sont dotées.
Pour reconnaitre facilement une algue rouge d’une algue verte, il suffit de plonger les dites algues dans un bain d’acétone (ou de white spirit). Si les algues restent colorées, il s’agit d’algues rouges. En effet, la chlorophylle est détruite lors de l’immersion dans l’acétone (ou le white spirit), les algues vertes devenant pour le coup transparentes.



 

Les algues Bleues




=> Description

Les algues bleues n'ont rien à voir avec les autres types d'algues généralement trouvés dans l'aquarium. Cette inesthétiques et potentiellement dangereuse forme de vie primitive est particulièrement difficile à éradiquer, et représente un véritable fléau pour beaucoup d’aquariophiles.
Les algues bleues ne sont pas à proprement parler des algues, mais des cyanobactéries, un groupe de bactéries capables de réaliser la photosynthèse. Elles apparaissent d’abord généralement au sol, puis finissent rapidement par coloniser tous les reliefs de l’aquarium, roches, souches, et même les plantes qui étouffent littéralement. L’aspect visqueux est dû à la membrane protectrice des bactéries de la colonie. Elles peuvent aller jusqu’à entraîner la mort de vos poissons (certaines espèces de cyanobactéries produisent des toxines). Souvent, une odeur rance caractéristique se dégage de l’eau infestée par ces « algues ».
Il s’agit d’un des organismes les plus vieux sur terre, environ 3,5 milliards d’années ( !), et ont la faculté de ne pas avoir de grands besoins pour prospérer. Elles sont bien souvent beaucoup plus tolérantes aux milieux extrêmes, et peuvent apparaître là où aucune autre algue ne survit. Elles peuvent fixer l’azote, et peuvent donc se contenter de taux de nitrates faibles voir nuls, en présence d’autres éléments nutritifs.
Dans sa forme la plus courante, l'algue bleue verte est microscopique et sans danger. Nous ne pouvons pas la voir, mais elle est là, flottant dans le milieu, attendant que l'emplacement / la condition propice pour se développer. La prochaine étape est de commencer une colonie (la phase visqueuse). Dans la plupart des cas, l'emplacement idéal est un point mort avec faible teneur en oxygène, avec de faibles mouvements d’eau et beaucoup de déchets organiques.
Dans l’aquarium, elles sont synonymes de dégradation de la qualité de l’eau. D’autres causes peuvent être à l’origine de son apparition : Lumière naturelle trop intense, substrat de culture putride, distribution excessive de nourriture non consommée (finissant au fond du bac), fertilisation excessive.

=> Prévention

Il est nécessaire :
- de doser les nitrates régulièrement, 
-de ne pas sur-nourrir,
- d’éliminer les déchets présents sur le sol fréquemment, 
-de réaliser les changements d’eau partiels de manière régulière, 
-de générer quand cela est possible (en fonction des occupants du bac) un courant au sol suffisant,
- de s’assurer d’avoir une oxygénation du substrat suffisante.

=> Traitements
L’oxygène : Le processus d’apparition et de croissance des cyanobactéries, lier à sa capacité à fixer l’azote fait que l’oxygène est toxiques pour les algues bleues. L'augmentation de la teneur en oxygène dissous dans l’eau du bac aidera beaucoup à l’élimination des cyanobactéries.
Vous pouvez également utiliser une seringue pour traiter localement avec H2O2 (peroxyde, il s’agit de l’eau oxygénée). En réaction avec la lumière, le peroxyde donne : 2H2O2 => 2H2O + O2 (eau et oxygène) qui va radicalement tuer les algues bleues vertes en quelques minutes. 
C'est en fait assez agréable à regarder! 
Les recommandations sont de 1 ml de peroxyde pour 19 à 20 litres d’eau une fois toutes les 30/60 minutes. Parce qu'il ne traite qu'une petite zone à la fois, le peroxyde n'est généralement pas la meilleure façon de régler un problème d'algues bleues important.

La suppression manuelle:La suppression manuelle peut aider temporairement, mais cela a tendance à faire croître plus rapidement les algues en retour. Comme il s’agit de bactéries, il n'y a pas de moyen de retirer toutes les « algues » du bac d’un coup. Toutefois, il est recommandé de les retirer des feuilles de vos plantes. Si vous ne le faites pas, vos plantes vont souffrir du manque de lumière et peuvent finir par mourir étouffées.

Circulation de l’eau: Une bonne circulation permettrait de réduire la propagation des algues bleues dans l'aquarium. Le mouvement de l’eau accentué réduit les zones de courant mort, et par là même les lieux propices à l’installation des cyanobactéries.

Oxygénation du substrat :: On note parfois la présence d’algues bleues entre le substrat et les vitres de l’aquarium. Ceci apparaît généralement lorsque le substrat est trop compact et ne s’oxygène pas assez. Il est essentiel de s’assurer d’avoir un substrat suffisamment aérien pour assurer l’oxygénation nécessaire à la non-apparition des cyanobactéries.

Faire appel à « C’est du propre » :: Je dois avouer que je suis un peu sceptique à ce sujet. J'ai toujours pensé que rien ne mange les algues bleues, mais j'ai trouvé quelques articles qui disent que quelques espèces d’escargots et de poissons les consomment. Voici quelques-unes des espèces qui pourraient les manger:
-Certains des escargots Neritina.
- Jordanella floridae
- Ameca splendens
- aberrans Procatopus

L’eau Osmosée: L’excédent de carbones organiques dissous dans l'eau peut également être une cause des algues bleues. Certaines des causes de cet excédent :
la suralimentation,
le manque de filtration,
l'utilisation de l'eau du robinet pour les changements d'eau.
L'eau du robinet typique a un total de solides dissous (TDS), de 250 à 500 ppm alors que l'eau osmosée ne devrait pas avoir plus de 0 à 5 ppm.
L’utilisation de l'eau osmosée pour les prochains changements d'eau peut réduire ce taux de TDS dans votre eau d’aquarium de façon drastique et aider à lutter contre les algues.

Une chute de pH : Les cyanobactéries sont sensibles à une chute du pH en dessous d’une valeur de 6. Si la population de votre aquarium vous le permet, vous pouvez progressivement faire baisser votre pH et aider à éradiquer l’invasion d’algues bleues. Mais peu d’espèces aiment ces conditions…


 

Les Diatomées



=>Description :

Les diatomées, ou algues brunes sont un groupe très répandu, que l'on trouve dans les océans, dans l'eau douce, dans les sols et sur les surfaces humides. Elles possèdent des pigments photosynthétiques jaune-brun, la plupart d’entre elles nous apparaissent brunâtre. Elles forment un groupe important d'algues unicellulaires 
eucaryotes, et sont l'un des types les plus communs de phytoplancton. Une caractéristique des cellules de diatomées est qu'elles sont enfermées dans une paroi cellulaire unique, faite de silice (dioxyde de silicium hydraté) nommée frustule. La présence de traces fossiles indiquent qu'elles sont apparues pendant ou avant la période jurassique.
Elles sont fréquemment appelées à tort « Algues Brunes », possèdent un aspect huileux, rarement filamenteux.
Elles recouvrent les décors, les plantes et les vitres d’une membrane brunâtre le plus souvent adhérente. Elles sont le plus souvent rugueuses au toucher.

=>Les causes :

Chaque aquarium connaît une apparition d'algues brunes à un moment ou à un autre. Dans la plupart des cas, elles apparaissent souvent à la fin de la période de cycle d’un nouvel aquarium et peuvent disparaître aussi vite qu'elles sont arrivées lorsque les conditions se stabilisent après quelques mois.
La plupart des espèces aiment les pH supérieurs à 7.5, et sont sensibles à l’intensité lumineuse. Elles deviennent peu envahissantes lorsque les conditions d’éclairage sont adéquates.

Excès de silicates : Les diatomées ont besoin de silicates pour croître. Les silicates peuvent être présents dans votre eau du robinet et cela peut être la source du problème. Beaucoup d’aquariophiles pensent aussi que la nature du sable ou autre substrat à base de silice peut déclencher une prolifération d'algues brunes. Si vous vous rapprochez de votre mairie ou de votre société qui gère l’eau de votre commune, il est possible normalement d’obtenir les tests complets de votre eau de conduite.

Excès de nutriments et de matières organiques : Pendant la période de cycle de l’aquarium, l’eau peut contenir des niveaux élevés de carbone organique et de No2 (nitrites) mais peu de NO3 (nitrates) et PO4 (phosphates). Les diatomées semblent prospérer dans ces conditions.

Excès d'iode : Trop d'iode dans l'eau peut entraîner l’apparition des algues brunes. Vérifiez l'étiquette des additifs que vous utilisez. Beaucoup contiennent des quantités importantes d'iode...

=>Les traitements :

Les changements d'eau :Un entretien régulier et des changements d'eau routiniers aideront beaucoup. Dans le bac établi, si une prolifération d'algues brunes est suivie par l’arrivée des cyanobactéries (Algues bleues), votre problème est clairement dû aux composés organiques dissous dans l'eau. Si vous maintenez une bonne qualité de l'eau, dans le temps (quelques semaines à quelques mois), les diatomées sont susceptibles de régresser ou même de disparaître.

La suppression manuelle : Les diatomées n'adhèrent pas fermement à la surface sur laquelle elles se trouvent de sorte qu'elles s’enlèvent facilement. Une bonne façon de contrôler leur croissance est d'en enlever autant que vous le pouvez pendant les changements d'eau.

L'élimination des silicates: Si votre eau contient des silicates dissous (3-4 ppm) modérément, vous verrez probablement des diatomées se propageant dans les zones faiblement éclairées de la cuve. L’utilisation d’eau osmosée en lieu et place de l’eau de conduite peut être un bon moyen de résoudre le problème. Une autre façon est de retirer les silicates est l’utilisation de résines anti-phosphates (elles éliminent également les silicates).

La patience : Le temps est votre allié. Quand le réservoir est enfin cyclé, les problèmes de diatomées ont tendance à s'estomper. Cependant, si le bac connait certains bouleversements biologiques majeurs nécessitant de fréquents changements d'eau à grande échelle, les diatomées peuvent réapparaître. Elles devraient disparaître à nouveau lorsque l’aquarium revient à un entretien plus conventionnel.

C’est du propre, le retour: Les poissons nettoyeurs et les gastéropodes éliminent le plus souvent les diatomées. L’un des meilleurs poissons semble être l’Otocinclus, qui a besoin de vivre en bande. Apparemment, certaines crevettes sont elles aussi de bonnes prédatrices des diatomées.

La multiplication des plantes : L’ajout de plantes, entrant en concurrence avec les diatomées ; ont généralement un bon effet.


 

Les algues vertes Pithophora





=>Description :

Ce sont des algues filamenteuses, buissonnantes. Les filaments dont elles sont composées, nombreux et de couleur vert clair, se développent à partir d’un point unique. Les touffes peuvent atteindre verticalement 2 à 3 centimètres. Les points d’ancrages sont souvent des zones inertes ; telles qu’une roche ou une souche ; mais elles peuvent cependant aussi se fixer sur les plantes à feuilles coriaces, comme par exemple des anubias.

=>Les causes :

Excès de fertilisants : Si l’apport en engrais pour plantes aquatiques est trop important, vous prenez le risque d’avantager l’apparition de ce type d’algues. En effet, elles trouvent dans l’excès tout ce dont elles ont besoin pour se développer. Pas besoin de préciser qu’une fois qu’elles apparaissent, leur croissance, plus rapide que celle des plantes, leur confère un net avantage. Elles consomment alors encore une plus grande partie de l’engrais qui est distribué, réduisant l’apport réel aux plantes, et prenant littéralement le dessus sur les autres végétaux du bac. Il peut être intéressant de mesurer la teneur en phosphate de l’eau.

Apport en Co2 : Un apport en Co2 mal dosé peut aussi entrainer l’apparition de ces algues. On retombe alors dans le même principe que vu juste avant : Elles consomment les éléments nutritifs présents dans l’eau plus rapidement que les végétaux supérieurs (plantes), et finissent par prendre le dessus.

Intensité lumineuse : Ces algues aiment se développer dans un milieu où l’éclairage est assez intense.

=>Les traitements :

Contrôle de la fertilisation : Il est nécessaire de s’assurer que l’on ne surdose pas l’engrais. Beaucoup d’aquariophiles se fient à ce qui est noté sur les emballages des produits commerciaux, mais les notices n’indiquent qu’une certaine quantité de fertilisant pour un volume d’eau donné… Quid du nombre de plantes et du besoin de chacune ?
Les engrais « maison », avec de l’algoflash ou autre, donnent souvent de bons résultats… mais après avoir trouvé le bon dosage correspondant au volume du bac, et à sa population en végétaux supérieurs (plantes). Les plantes à croissance rapide (Cabomba, Elodea) consomment plus que celles à croissance lente (Anubia, Sagitaria)…

Equilibrer le taux de CO2 : Il est bon de contrôler régulièrement le taux de CO2 dissous dans l’eau lorsque l’on utilise un système de fumure au dioxyde de carbone. On parle souvent de 1 ou 2 bulles par seconde, mais cela est fonction encore une fois du volume du bac et de ce que consomment les plantes présentes. Il ne faut pas oublier que la croissance des plantes aquatiques n’est idéale que si tous les nutriments dont elles ont besoin ne sont ni en excès ni en carence.

Gérer l’éclairage : Il faut apprendre à gérer l’éclairage. Un éclairage trop puissant n’est ni bon pour les plantes (cela peut entraîner une croissance trop rapide, liée à une fragilité des plantes) et ni bon pour les poissons. Il faut apprendre à jongler entre la lumière naturelle qui arrive dans le bac, et l’apport en lumière artificielle. Certains bacs ne présentent pas d’algues en automne ou en hiver, et se voient envahir dés les beaux jours. 




A compléter
La suite à venir rapidement